Issue 181 – juin 2012

En 1995, ‘Blue Moods of Spain’ avait redoré l’austérité aux yeux de tous ceux qui avaient accepté de se mettre à nu le temps de neuf morceaux à la beauté humble et rêche. Onze ans que nous errions sans nouvelles de Josh Haden, disparu après une troisième tentative de tutoyer les anges. 2012 signe le retour du fils prodig(u)e, et nous croyons à présent à la rédemption, comme par miracle…

Interviews: Mono Grenade, Electric Guest, Squarepusher, DNTEL, Spain, My Best Fiend, alt-j

Monogrenade, une des premières claques de l’année rayon francophile, débarque de Montréal avec un disque, ‘Tantale’, dont les méandres créent un labyrinthe sonore à la fois audacieux et accessible. Une folle envie de chatouiller les machines dissimulée dans un cheval de Troie prêt à en découdre sur la piste de danse. Une partition folktronica pour quatuor à cordes. Un Tunng qui taperait le bœuf avec Malajube.

Entre un clin d’œil à George Michael et une tape au cul de Billy Idol, Electric Guest se fraie un passage entre MGMT, Broken Bells et les Bee Gees. Mis en son par Danger Mouse, moitié de Gnarls Barkley et plus grand producteur du siècle, ‘Mondo’ étale ses mélodies sous le soleil. Refrains androgynes et joyeux plaisirs coupables y scintillent de mille feux. Chaud devant.

Multi-instrumentiste truculent et industrieux, Tom Jenkinson n’a plus vraiment à nous prouver ses talents. Avec ‘Ufabulum’, ce n’est pas seulement à la sortie d’un disque qu’il nous convie mais c’est aussi à la découverte d’un véritable objet artistique conceptuel. Sa version vinyle est présentée dans un boîtier lumineux nanti de led. Brève présentation depuis Vienne où, ce soir, Squarepusher se donne à voir.

Le souvenir encore frais, près de dix années plus tard, de l’excellent ‘Life Is Full Of Possibilities’, c’est avec impatience que RifRaf s’est lancé à la recherche de M. Tamborello, Jimmy pour les intimes, Dntel pour les fans d’électro-pop secrète. La qualité de cet ‘Aimlessness’ projette un univers à la fois léger et subtil sur l’écran de nos émotions, celui qui abrite tant et plus les œuvres de DJ Koze, Tim Hecker et Lali Puna.

Depuis Brooklyn, l’esprit camouflé dans un amoncellement de cumulus, My Best Fiend, avare en certitudes, aime tricoter nos états d’âme ou en faire des omelettes. Dans ‘In Ghostlike Fading’, on dénichera de quoi s’astreindre à un sommeil aux rêves poissés, laisser se fissurer nos murs de fondation à mesure que la voix de Frederick Coldwell, passeur sinueux et singulier, atteint son ampleur chancelante. Rencontre détendue avec cinq semeurs de doux trouble. *** Alt-J=∆, l’équation est posée. Mais rien à voir avec un cours de math-rock. Car la musique de ce quatuor né d’une rencontre sur les bancs de l’Art School de l’Université de Leeds est plutôt à ranger dans un cursus actuellement fort populaire : « Musique pop-folk-électro du XXIème siècle, rénovation et prospective ». Sur la photo de classe, Alt-J est d’ores et déjà assis au premier rang aux côtés de Django Django, Breton et We Have Band. Rencontre à géométrie variable.

Mais aussi notre premier cahier festivals : La Fête de la Musique, La Fiesta du Rock, Couleur Café, Graspop Metal Meeting, Afro-Latino Festival, Verdur Rock, Out Loud, Rock Werchter, Les Ardentes, LaSemo Festival, Sjock, Cactus, Rock a Field, les Eurockéennes de Belfort et le Main Square Festival.

Also available in: Néerlandais

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