Issue 212 – juillet 2015

A première vue, Jaakko Eino Kalevi porte un nom à coucher dehors (de préférence à la belle étoile, dans le froid finlandais). Question musique, on tient un fameux loustic : fan de Sébastien Tellier et adepte de la zénitude-cool de Connan Mockasin, Jaakko possède de vrais-faux airs d’Ariel Pink. En dix morceaux, brossés à l’aide de guitares funky et de synthés givrés, ce crooner de l’ère glaciaire emballe la bande-son de notre été. Farniente !

En 1996, Jay-Jay Johanson nous servait son premier ‘Whiskey’. L’addiction était fulgurante. Si le Suédois fait toujours partie de nos meubles aujourd’hui, c’est parce qu’il reste un de ces fournisseurs, rares et fidèles, de chansons à la mélancolie élégante. Il nous invite à combler le manque en consommant les onze perles pleines de grâce de son ‘Opium’. Renouant avec le charme de ses productions initiales, le dandy fragile semble avoir retrouvé la recette miracle pour remplir d’idéal nos moments de spleen.

Avouons-le: la ligne d’horizon projetée par Real Estate nous avait toujours paru un peu claire. Quant aux canetons obliques de Ducktails, jusqu’à ‘The Flower Lane’, ils nous semblaient plus attirants mais en pagaille, mus par des élans vifs, curieux mais déconstruits. Sur ‘St Catherine’, Matt Mondanile drappe enfin sans réserve sa bedroom pop d’atours si veloutés qu’on risque de se laisser aller à rêvasser dans ses allées, volontairement égarés, tout l’été ou plus encore…

Avec un disque tous les cinq ans, Manuel Bienvenu sait se faire rare. Et donc précieux. D’autant plus que ses opus sont des mines d’or qu’on creuse encore aujourd’hui, dix ans après avoir suivi la première veine aurifère d’‘Elephant Home’. Depuis le début, il pianote dans le jazz seventies et le rock avant-garde façon Canterbury, Wyatt, Machine Molle. Sur ce troisième essai, il va jusqu’à reprendre Ben Watt (versant pop) et Michael Mantler (versant jazz) et les emmène dans ce monde chimérique aux arrangements châtiés.

En France, la musique ne vient pas du blues, elle vient de la cave. L’Hexagone ne l’avait pas encore compris, alors les Ricains ont capturé la lueur (noire) dans le regard de The Limiñanas. Enfants terribles d’un yéyé psychélectrique, Marie et Lionel ont mis un coup de pied au cul du rétro pour rendre les 60’s plus modernes que jamais. The Limiñanas se font serrer dans un coffret, leurs trois albums et quelques raretés planquées sous le cuir. Séance de rattrapage essentielle de votre été, ‘Down Underground’ rend enfin justice, sur nos terres, à leur discographie.

A chaque décennie ses cycles. A chaque cycle ses hypes. Et à chaque fois le rock se régénère, réactive ses artéfacts, se raconte à nouveau la même histoire. Après plusieurs EP à succès auprès d’un public à peine pubère, Wolf Alice présente enfin un premier album très en phase avec les demandes de son audience cible : ‘My Love Is Cool’. A son écoute, on comprend que le rock est avant tout une culture adolescente. C’est parfois ce qui fait sa fragilité ou sa pugnacité. Quelquefois c’est un savant mélange des deux qui s’impose, comme chez le combo du nord de Londres.

Au travers de notre second cahier festivals et de son agenda, Dour Festival, Capital Sounds, M-idzomer, Reggae Geel, Esperanzah!, Les Nuits Secrètes, Ronquières Festival, Congés Annulés, Micro Festival, Dranouter Feest in het Park, Ieperfest, Brussels Summer Festival, Cabaret Vert, Pukkelpop sont passés à la loupe RifRaf.

Also available in: Néerlandais

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