Issue 202 – juillet 2014

Collectif londonien emmené par deux pèlerins du groove alternatif, Jungle prolonge la fièvre du Mondial avec un premier album branché sur la sono globale. À déguster sous le soleil, ‘Jungle’ aligne les tubes de l’été (‘Busy Earnin’, ‘The Heat’, ‘Platoon’) en trafiquant le tambour d’un grand accélérateur de particules. Ici, soul, pop, disco, rock, rythmes funk et afro tournent à fond les ballons pour goupiller douze chansons sexy et explosives. Petite addiction qui nous perdra, ce disque va faire sensation.

Trois albums en dix ans, très peu de concerts et de rares interviews. Sous ses allures de faux geek, Tom Vek n’a rien d’un animal (de réseau) social. Entre laboratoire clinique et garage crado, son garage rock assisté par ordinateur a pourtant déjà suscité pas mal de vocations. MGMT, Metronomy et Hot Chip reconnaissent ouvertement l’influence de ses patchworks dansants et bordéliques. Sans temps mort et sans réelle faiblesse, ‘Luck’ est le premier grand disque d’un deus ex machina qui n’aime rien tant que brouiller les pistes, surtout celles qui pourraient conduire à la recette de sa potion magique. Celle du son de la décennie ?

Trois hommes se retrouvent un peu par hasard enfermés dans un studio. Discrets, ils dissertent de la vie, désertent pour un moment son cours inexorable, décrètent la retenue, disséminent des sons et en ressortent avec un disque disruptif empli de la plénitude d’une voix. Adam Freeland de Brighton, le Californien Steve Nalepa et l’Australien Ry X sont les trois pointes du triangle qui forme The Acid. ‘Liminal’ est un préliminaire, un luminaire liminaire.

On peut faire des disques d’americana toute sa vie, le regard ombré par le chapeau, adossé à un grand chêne déclinant, les orteils dans la rivière. Garder la tête dans l’épopée sans sentir sa vie en train de s’étioler à force de combattre des moulins plutôt que ses vrais démons. Strand of Oaks a délaissé le baxter folk : au diable la joliesse quand doit rugir la sincérité. ‘HEAL’, déréglé mais salvateur, est le dernier pansement qu’il lui fallait arracher. À la fois un abri et un précipice.

Il parait que quand on vient de Laval, soit on se met au sport, soit à la musique. Coup de bol pour nous, Ghislain Fracapane ne s’est pas mis à la baballe. Mieux, il est devenu une sorte de stakhanoviste de l’harmonie. Et pense pour un grand orchestre pop quand il écrit. Résultat : le deuxième disque de Mermonte est le grand roller coaster qu’on attendait pour passer l’été les cheveux au vent, quelque part entre l’Arcade Fire première mouture et la définition du post-rock pélagique par Yann Tiersen.

DIM, alignement des planètes et Coupe du Monde de balle au pied, Sébastien Tellier reparaît un album brésilien sous le bras, drôlement inspiré et inspirant. Un retour aux affaires et aux manettes (Monsieur produit) qui concrétise toutes les obsessions du lascar, un panaché où il venge l’enfant, l’adolescent qui rêvait de jet privé, voire l’adulte qu’il espère devenir. Les aficionados n’affectionnant que ses sucreries bien emballées risquent de faire la moue et les fans de musique peuvent se réjouir : il y a à boire (un jus de fruit de la passion) et à manger (une tarte aux fraises), la Rolex à 40 ans et la bossa nova. Nicolas et Pimprenelle se font des week-ends cul, Nounours écoute Pink Floyd et Dalida. Bonne nuit les petits !

Saint Etienne meurt lapidé au terme d’un procès pour avoir critiqué avec verve ses juges et leur foi rigide, ce qui fait de lui le premier martyr de la chrétienté, ou protomartyr. Bien qu’on l’imagine mal souhaiter finir sur la croix, Joe Casey ne lésine pas non plus sur le pouvoir de la voix, qu’il a gutturale comme Mark E Smith et hésitante comme David Thomas. Et qui fait de Protomartyr l’une des sensations post-punk les plus alléchantes du moment, entre new wave et shoegaze aux relents de bière tiède et de sang coagulé sous des narines frémissantes. Rencontre avec cet apatride musical écartelé, héritier malgré lui du frisson furieux des MC5 de Detroit et de l’appel des sirènes-factory de Manchester.

 

Au travers de notre second cahier festivals et de son agenda, Dour . 10 Days Off . Food For Your senses . M-idzomer . Esperanzah . Reggae Geel . Micro Festival . Les Nuits secrètes . Dranouter . Lokerse Feesten . Congés Annulés . Ronquières Festival . Ieperfest . Brussels Summer Festival . Pukkelpop . Feest in het Park . Cabaret Vert . La Fête des Solidarités sont passés à la loupe RifRaf.

Also available in: Néerlandais

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