Issue 201 – juin 2014

Pour prolifique qu’il soit, Anton Newcombe prouve une fois de plus que pour la panne sèche, il ne faut pas l’attendre. Prince des artifices psyché, ses pop songs embrassent un grand arc entre les Strokes et les Black Angels en passant par les Fiery Furnaces. Les guitares déboîteraient jusqu’au genou d’Usain Bolt, les synthés ont cette odeur de soft drugs vitaminées et la batterie soutient la marche sans se la jouer perso. On savoure à sa pleine mesure ‘Revelation’, le déjà quatorzième opus de Brian Jonestown Massacre.

Protéiforme, Archie Bronson Outfit vagabonde au gré de ses distorsions. Tantôt garage, tantôt psyché, tantôt punk, le groupe de Sam Windett et Arp Cleveland se définit avant tout par son désir jamais démenti d’un rock frontal et instinctif. Quatrième album météore, ‘Wild Crush’ bouscule leurs influences flower power et charrie une chaleureuse mélancolie qui élargit les horizons et réconforte les oreilles.

Fer de lance d’une esthétique froide et sexy, How to Dress Well taille un costume sur-mesure pour les besoins du R’n’B de demain. De l’or dans les mains, des idées plein la tête, l’Américain Tom Krell colle sa voix sensuelle au plus près du mal. Neo-soul glaciale et thérapeutique, la musique de How to Dress Well ajuste ses pulsions émotionnelles : Prince s’invite chez James Blake et l’âme de Michael Jackson ressuscite sur la piste de danse marbrée de Burial. Un disque intriguant et bien dans son temps.

Réalisé sous la bannière Mute, mais en collaboration étroite avec sa propre structure Bedroom Community, ‘Aurora’ s’annonce comme le cinquième album solo de Ben Frost. On savait l’homme de plus en plus sollicité, fort occupé à réaliser des musiques de film. Il revient à une vision plus dépouillée encore de sa musique, comme si elle était une preuve de vie, voire un postulat de survie au regard de ce qu’il vient de côtoyer au Congo. « J’essaye d’atteindre une sorte d’état d’oubli total qui existe de l’autre côté de la surface de la réalité perceptible avec laquelle nous vivons. » L’aurore en tant qu’allégorie du temps éternellement recommencé, de la lumière du jour sans cesse renouvelée.

Voir Michael Nyman jouer ‘La leçon de piano’ à la Cérémonie d’ouverture du Festival de Cannes, c’était prendre conscience que réduire un homme fécond à une seule œuvre lui ôte toute épaisseur. À mille siècles de Montmartre, Yann Tiersen puise son propre flux dans le silence, dans la persévérance des sages. Taille, sculpte, fait surgir le grondement de la masse et donne aux voix leur envol. Et si on ne distingue aucune église surgir des pierres, c’est sans doute qu’il préfère garder la spiritualité ancrée au rivage, à même le sol.

Depuis que Mud Flow a jeté l’éponge, ses membres semblent avoir complètement tiré un trait sur la pop anglo-saxonne. Olivier Juprelle a pris le temps. D’abord parce qu’il a tourné avec Vive La Fête et ensuite parce qu’il entendait livrer un album finement ciselé et totalement indépendant. La réussite est totale et l’opus s’inscrit dans la lignée des meilleurs Biolay et Miossec, ceux qui disent de la plus belle manière ces lendemains qui déchantent. Pour y arriver, Juprelle s’est entouré de pointures dont Joseph d’Anvers et la fine gâchette Arman Méliès.

Au travers de notre premier cahier festivals et de son agenda, Fête de la Musique, 25 ans du VK, Afro-latino Festival, Couleur Café, Graspop Metal Meeting, Rock Werchter, Les Ardentes, Sjock, Cactus Festival, La Voix du Rock, Rock A Field sont passés à la loupe RifRaf.

Also available in: Néerlandais

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