Issue 200 – mai 2014


 

Stupeur et tremblements au pays des mélodies fantastiques. tUne-yArDs sort ‘Nikki Nack’, un nouvel album mutant et dansant, parcouru de spasmes électroniques et de sursauts organiques. Au contact de ce disque de pop bien cintré, on crie la soul, on se déhanche sur des percussions caribéennes et on escalade les mythes et légendes de notre enfance sans les mains. Merril Garbus pose un sourire sur la table et nous gratifie d’un combo saucisson-moutarde-rires-réponses d’anthologie. Et de croquer ‘Nikki Nack’ à pleines dents.

Une heure s’égrène au téléphone et tu sais que tu n’oublieras pas ce phrasé-là, celui que les mots ne sauront pas offrir, que les pointillés estropieront un peu. Une conversation avec Miossec s’avère un exercice entre rire et silence, un condensé de voies qui zigzaguent et de retours sur les rails et ‘Ici-Bas, Ici-même’, la preuve qu’en se mettant à nu depuis 20 ans, certains n’en demeurent pas moins honnêtes et pudiques, à en claquer des os. *** On n’entend plus que lui (et Pharrell). Partout, tout le temps. Et, à l’aune d’un premier album pop quasiment parfait, cela risque de durer. Tant mieux, parce que sous ses faux airs de Julien Doré, Antoine Chance impose une vraie patte, une griffe. Get lucky !

On portera éternellement sur la joue et dans le cœur les stigmates de la claque reçue à la sortie de ‘Tramp’. Sur ce disque bouleversant, Sharon Van Etten prenait un plaisir malin à flirter avec l’inconfort et à courtiser le chaos. La foudre peut-elle frapper deux fois au même endroit ? Si l’intégralité d‘Are We There’ n’est pas de la même trempe, il se redécouvre plus frontal et cru à mesure que Sharon passe à confesse et chante les brûlures de l’amour avec sa voix unique et une ardeur viscérale. *** Aujourd’hui au format longue durée, Scarlett O’Hanna approfondit le sillon tout en zigzag. Moins directes et plus longues en bouche, les chansons de la songwriter franco-grecque évoluent à l’ombre de Loren Connors, Jesse Sykes, Tara Jane O’Neil et Julie Doiron. Mieux encore, au bout de quelques écoutes, leur évidence s’impose au-delà de tout minimalisme convenu. Tout d’une grande…

The Horrors ont beau avoir tout compris au make-up d’Alex DeLarge (‘A Clockwork Orange’), ce ne sont pas des chauves-souris. Au-delà de toute mascarade et capes noires, leur son ricoche sur des parois réfléchissantes, leurs envies versatiles les emmènent à chaque album « one step beyond », et nous voilà ravis de ce tour gratuit de galaxies… *** Entreprise collective née d’un projet individuel, Swans existe depuis le début des années 80. Le groupe a vécu de changements continuels de personnel pour suspendre ses activités en 1997. ‘To Be kind’ est le troisième album depuis la réhabilitation du nom en 2010 et le premier pour le label Mute. Inéluctablement, Michael Gira en a assuré l’écriture, le gros de la composition et la production, avec cette grâce retorse avec laquelle il excelle une fois de plus. *** Le disque d’ancêtres du mois : Luc Dufourmont et Dick Descamps faisaient déjà un fameux boucan au début des années nonante avec les Ugly Papas. Aujourd’hui avec Tom Denolf et Wouter Spaens (recrutés à la batterie et à la guitare), ils envoient le bois comme au premier jour. Quelque part entre les Eagles Of Death Metal et les Queens Of The Stone Age, ID!OTS est une cure d’éternelle adolescence.

Tiens ! Il paraît que le RifRaf francophone fête ses vingt ans. Nous ouvrons la malle aux souvenirs au travers d’un cahier rassemblant quelques-unes des anecdotes « backstage » qui ont émaillé notre histoire, ravivant des déconvenues cocasses et des sujets de relative fierté. Allez, santé !

 

Also available in: Néerlandais

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