Issue 191 – juin 2013

 

Faisant fi de toute béatitude, mais célébrant les Innocents qui irradient le sens commun, Bertrand Belin nous avait légué, avec ‘Hypernuit’, des longueurs d’ondes lestées au déséquilibre, à la langue moirée. Ses pas neufs dans les ‘Parcs’ ne témoigneront guère plus d’une promenade de santé : il nous faudra peser les mots, combler les interstices, et cheminer à sa cadence. C’est l’admirable jeu entre saudade et caresse, l’air mutin mais contrit, la balance entre déshérence nue et contemplation solaire.

On l’avait laissé au ‘Casino’, abattant les dernières cartes d’un folk intimiste qui avait longuement hanté nos nuits depuis le séminal ‘Néons Blancs & Asphaltine’ en 2004. On retrouve aujourd’hui Arman Méliès en aventurier synthétique, héritier potentiel de la clique à Jacno et Taxi-Girl, chipotant avec les boutons d’appareils qu’il maîtrise mal. Moins putassier que Lescop, presque plus arty que La Femme, avec ‘Mon Plus Bel Incendie’, Méliès tient aussi son tube – et s’offre ainsi une voie royale vers un succès mérité. Enfin.

Il y a trois ans, à même époque printanière, nous esquissions le portrait de Sam Amidon, jeune musicien alors âgé de 28 ans qui venait de sortir l’album ‘I See The Sign’, disque important résultant de ses rencontres avec Nico Muhly et les Islandais du label Bedroom Community. Aujourd’hui, c’est le légendaire label Nonesuch qui lui ouvre ses portes pour ‘Bright Sunny South’, un disque que son auteur qualifie volontiers de « solitaire ». Mais l’est-il vraiment ?

Tunng a toujours témoigné d’une saisissante régularité dans l’excellence. En dix années d’existence, le collectif londonien n’a eu de cesse de tordre les stéréotypes dans sa quête incessante de l’équilibre parfait entre sonorités synthétiques et organiques, compositions cérébrales et attrape-cœurs. La formation revient aujourd’hui avec ‘Turbines’, cinquième déclinaison d’une formule gagnante, bricolée avec des machines et des mains nues et agrémentée de subtiles trouvailles qui doivent autant à la spontanéité des improvisations qu’à l’élaboration patiente des compositions.

Capable de vous réchauffer en hiver et de vous rafraîchir en été, tel est Leisure Society. La trouble mélancolie pop-folk qui habite ‘Alone Aboard The Ark’ renvoie aux plus belles heures de Eels, en mode ‘Electro-Shock Blues’. Avec ce troisième album, The Leisure Society rajoute quelques couleurs, forcément pastels, à sa palette volontairement désuète pour accoucher d’un pur joyau pop, un de plus.

La légende prétend que Damon Albarn transforme en or tout ce qu’il touche et il n’en va pas autrement sur le premier opus éponyme de The Child Of Lov, bande-son idyllique de notre été 2013. Sous ce nom d’enfant romantique se cache l’ombre de Cole Williams, grande perche rectiligne qui fume la pop dans le port d’Amsterdam. Disque de soul moderne, ‘The Child of Lov’ crée des ponts et des canaux entre le neuf et l’ancien en recyclant des formules indémodables (Gil Scott-Heron, Stevie Wonder, Sly Stone) sur l’autel d’un hip-hop festif et inventif.

Mais aussi notre premier cahier festivals avec : Out Loud – La Voix du Rock – Fête de la Musique – La Fiesta du Rock – On Stage – Couleur Café – Graspop Metal Meeting – Afro-Latino Festival – Verdur Rock – Rock Werchter – Les Ardentes – Sjock – Rock Herk – LaSemo Festival – Cactus Festival – Power Festival – Pinkpop – Rock a Field – Les Eurockéennes de Belfort + agenda.

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