Issue 183 – septembre 2012

S’aventurant hors de la rude simplicité et de l’âcre poussière du désert arizonien dont les cactus aiguillonnent traditionnellement l’inspiration, Calexico propose avec ‘Algiers’ un disque hanté et tourmenté mais aussi aéré par l’esprit d’une ville (la Nouvelle-Orléans) qui fait écho à l’introspection de ses hôtes. Rencontre avec un John Convertino aussi philosophe qu’introverti. The Cactus Of Life…
Interviews: Calexico, Rozi Plain, Jens Lekman, Fiona Apple, Alberta Cross, Peaking Lights, Six Organs Of Admittance, The xx, Baroness. Tandis que nous susurrons les hymnes bronzés de ‘Lucifer’, le couple Aaron Doyes et Indra Dunis invoque Venus et le système solaire : un monde de lumières où scintillent des mélodies hypnotiques, psychédéliques et totalement narcotiques. Entre dub, disco minimale et pop éthérée, le troisième album de Peaking Lights pétille dans l’espace.  *** En mai dernier, Six Organs Of Admittance figurait à l’affiche des Nuits Botanique. En réalité, c’est un set sensuel et intimiste en solo de Ben Chasny dans le musée du Botanique qu’il nous fut donné d’écouter, à l’image de son personnage. Chasny venait alors de boucler la finition de son nouvel album ‘Ascent’ qui sort ces jours-ci. A l’issue de sa prestation, nous en avons profité pour tailler une bavette a l’abri du bruit. *** “Fiction, when we’re not together. Mistaken for a vision, something out of my own creation.”, ou comment The xx met notre intimité sens dessus dessous, tel un goût amer de désespoir se nichant dans notre cortex, en une mélancolie pure et sans fard. Des histoires d’amour déchirantes, flanquées de beats obsédants et de jeux de rôles intimidants. Avec ‘Coexist’, The xx dévoile ses démons et surpasse en beauté son premier opus ‘XX’.

On pensait avoir perdu le dandy suédois. On imaginait Jens Lekman ailleurs, le regard tourné vers d’autres horizons, à des années lumières de ses chansons lumineuses. Quand on le retrouve autour d’un verre, le crooner a traversé les continents et essuyé une méchante rupture sentimentale. Élégant, raffiné, toujours romantique, ‘I Know What Love Isn’t’ sonne comme une confession. *** Le « Stop, stop, stop stop, stop » du très paisible ‘Take it’ nous y exhorte : il faut s’immiscer dans la parenthèse folk gracieuse de Rozi Plain en acceptant de marquer des points de suspension, de se hisser sur la pointe des pieds, de se délester du superflu. Permettre au diaphragme de retrouver sa juste place, au marimba de faire tintinnabuler les secondes initiales de ‘Cold Tap’, comme une invitation dérobée à rejoindre un chœur de colibris derrière un rideau de cascade. Inspirez profondément. *** Avec Fiona Apple, retour sur l’émergence d’une artiste qui a eu l’audace précoce de démuseler sa part sauvage, son daredevil, qui a refusé catégoriquement de l’enfouir aussi vivement que les convenances l’auraient dicté pour un bal des débutantes. Retour avec un quatrième manifeste intime pour exposer une fois encore la douleur sourde de vouloir rester soi-même envers et contre tous, amants et maison de disque inclus.

Alberta Cross revient avec ‘Songs of patience’, un bijou de rock mélodique, direct, puissant et varié brassant un double héritage musical – anglais et américain – sur des titres certes empreints d’une certaine mélancolie, mais qui refusent l’autoflagellation et affichent une belle dose d’énergie positive. *** Après avoir démarré dans un registre sludge métal progressif guère éloigné de celui de Mastodon, Black Tusk et Kylesa, Baroness a évolué pour se muer en groupe rock expérimental qui nous revient avec ‘Yellow & Green’, un double album exceptionnel. Tout en gardant ses racines, le groupe développe des penchants prog, psyché, voire folk qui lui vont à merveille.

Also available in: Néerlandais

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